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Le PAM en crise: Une analyse de Mustapha Sehimi

La démission d’Ilyas El Omari, secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM), de cette responsabilité a été annoncée lundi 7 août 2017 lors de la réunion du bureau politique du parti suivie des explications données le lendemain mardi 8 août lors d’une conférence de presse au siège du parti à Rabat. M. El Omari a justifié sa démission en avançant le fait que c’était une décision « personnelle » prise sans aucune interférence. Cet acte est important et il témoigne du poids de certains événements intervenus ces derniers mois, comme l’a d’ailleurs avancé Ilyas El Omari. C’est la fin d’un parcours personnel mais aussi celle de l’aventure qu’a été l’historique de ce parti depuis sa création en 2009.

Les explications que l’on peut donner à cet égard sont de plusieurs ordres. Pour commencer, il faut indiquer que le PAM et son leader se sont trouvés dans une situation extrêmement difficile au lendemain des élections législatives du 7 octobre 2016 relatives à la nouvelle chambre des représentants. Cette formation tablait en effet pour se classer en tête et se voir ainsi confier la direction du gouvernement, conformément aux dispositions de l’article 47 de la Constitution. Avec 107 sièges, il est classé deuxième derrière le PJD arrivé premier avec 125 sièges. L’hypothèse PAM supplantant donc le PJD était écartée. Le 12 octobre, est intervenu un autre fait : celui du retour d’Aziz Akhannouch au RNI et sa prise de fonction en tant que nouveau secrétaire général de cette formation à la place de Salaheddine Mezouar. D’abord par décision du comité exécutif du parti puis lors d’un congrès extraordinaire le 29 octobre. C’était clair : le RNI d’Akhannouch allait être le moteur et le vecteur de l’opposition face au PJD. L’on a considéré que le PAM avait échoué et que le RNI devait le substituer dans cette équation.

Autre fait négatif pénalisant le PAM : les événements d’Al Hoceima. Ce parti qui a gagné 24 communes sur 34 dans le Rif et gagné la présidence du conseil région, confiée précisément à Ilyas El Omari a-t-il été à la hauteur de la situation ? Les manifestants du Hirak Arrif, autour de Nacer Zafzafi, ont conspué Ilyas El Omari, le traitant même de « traitre ». Le PAM a paru décrédibilisé pour pouvoir jouer un rôle d’intermédiation et d’apaisement. Le forum organisé par le conseil de région, à l’initiative d’Ilyas El Omari, les 10 et 11 juin 2017, a été boycotté par les représentants de la contestation d’Al Hoceima ainsi que par le PJD.

Le tableau dressé par le Roi, dans son discours du Trône, le 29 juillet 2017, n’a ménagé personne en dressant un bilan décevant de la place et du rôle des acteurs nationaux, régionaux et locaux (administration, élus, partis…) En particulier, le Souverain a imputé une bonne part de responsabilité à des partis qui, dans la région, ont cédé à des préoccupations politiciennes et à des intérêts personnels tournant le dos à la satisfaction des besoins et des attentes des citoyens. Étaient surtout visés le PAM et le PJD de cette région qui se sont livrés une âpre bataille électorale en 2015 et 2016.

Ilys El Omari, président du conseil de région et secrétaire général du PAM, n’a pas manqué de bien recevoir ce message royal clair et ferme. Il vient d’en tirer les conclusions qui s’imposent en précisant lui même qu’il s’est senti concerné par le discours royal. Il démissionne de la direction du parti mais pas de la présidence du conseil de région. Il justifie cela en invoquant le fait qu’à la tête de cette collectivité territoriale, il avait été élu par les électeurs et que personne ne pouvait dès lors le démettre. Cette explication est-elle recevable ? Beaucoup en doutent. Il y a en effet un échec du PAM dans le Rif et c’est un échec qui est imputé au parti mais aussi à ses élus dont le plus représentatif n’est autre que Ilyas El Omari. L’échec est global et il ne peut être décliné en tranches, l’une pour le PAM mais pas l’autre pour les élus du PAM. Et puis quelle crédibilité pourrait à l’avenir avoir Ilyas El Omari, démissionnaire d’un côté et présidant sous la même étiquette partisane le conseil de région ?

Une autre interrogation regarde maintenant le sort du PAM. Que va-t-il devenir ? Il y avait en effet une totale identification entre Ilyas El Omari et ce parti ; il avait la haute main sur cette formation ; il décidait pratiquement tout seul – ce que certains membres du bureau politique lui ont reproché à différentes reprises. Par qui sera-t-il remplacé ? Pour l’heure, aucune tête ne se dégage et il sera difficile d’arriver à un profil emportant l’adhésion des uns et des autres. Enfin, que va devenir le PAM à terme ? Il paraît frappé d’une sorte de disgrâce en ce sens qu’il a fait son temps, qu’il a servi mais qu’il ne peut plus apporter quelque chose au déploiement de la vie politique nationale. C’est un parti encore « arithmétique » avec des sièges (Parlement, régions, collectivités locales) mais aura-t-il encore quelque attractivité et quelque crédibilité ? L’hypothèse d’une lente marginalisation – comme tant d’autres formations – est sans doute la plus probable…

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